Retour Expérience de Lucie, Après Moi Le Déluge, par Sophie Loridon
Auto distribuer le film a été un vrai parcours du combattant, car je n’avais aucune experience.
Voici quelques clés qui pourraient aider à la compréhension, mais ce n’est pas en soi la réponse à tout. Au contraire, je suis ouverte à des modifications ou des apports…
1- Comment s’articule la distribution d’un film en France
En France, il y a deux circuits : les salles industrielles et les salles indépendantes.
Les salles indépendantes sont celles qui nous intéressent dans le cas de distribution de film indépendants et plus intimistes. Il y a plusieurs types de gestion :
- Les salles de cinéma communales, gérées par des employés municipaux (ex : Voreppe, Barjac)
- Les salles de cinéma associatives, gérées par des bénévoles (exemple, Courpières, Quiberon) avec un ou deux salariés.
- Et les salles de cinéma auto gérées en indépendance financière (St Marcellin, Tullins, Opéra à Lyon).
- Un autre circuit possible pour les films, les salles culturelles gérées par les mairies (St Agrève, Desaignes) où il est possible de projeter le film.
Ce sont les « programmateurs » qui choisissent le film. Le gérant n’est pas forcément le programmateur. Il faut donc s’adresser au programmateur lorsque l’on propose un film. C’est souvent lui qui a tout pouvoir.
Chaque semaine, ce dernier a le choix entre 15 et 20 films. Pour se différencier, il faut avoir soit une programmation locale qui peut intéresser la population, soit de la visibilité dans les médias locaux, ou nationale.
Pour exister aux yeux de cette cible, le programmateur, il faut exister dans 2 médias privés :
- Le Film Français
- Allo Ciné
Et si possible, apparaître dans Télérama qui est toujours à leur chevet.
Soit le programmateur a repéré le film, et il fait une demande spontanée au distributeur dont il trouve les références sur la fiche du film français.
Soit il est démarché par le distributeur (ou un indépendant qui prendra un minima de 3000 à 4000 € puis une commission de 10% sur les recettes ensuite)
Généralement les gros distributeurs demandent un minima de 12 projections aux petites salles pour assurer leur arrière. C’est un non sens dans le milieu rural, car il y a 3 projections par semaine et pas assez de public pour venir que le film soit vu sur 12 séances. Dans ce cas le distributeur impose aux petites salle de prendre le film à partir de la 5eme semaine, quand il a déjà été amorti dans les grosses salles. Ex : Un gros film sortira « AU NAVIRE » à Aubenas avant de sortir dans la petite salle de Privas, donc ceux qui ne veulent pas attendre iront d’abord à Aubenas quitte à faire de la route pour voir le film. Donc les petites salles sont lésées.
Ensuite le programmateur commande le fichier DCP sur une plate forme (Globcat, qui dépend d’Orange ou CINEGO). Avec Cinego Cela va couter 10€ par téléchargement au distributeur. Avec Globcast, c’est 20€, mais cinégo Suffit même en milieu rural – quand ils n’ont pas de connexion il anticipent et demandent la clé USB qu’ils renvoient systématiquement)
Ensuite le programmateur commande ses affiches sur des sites spécialisés, généralement l’affiche format Cinéma lui coûte aux environ de 4€ (oublié le nom des sites mais je peux re-demander à des programmateurs ???)
Le distributeur propose sur son site tout le matériel publicitaire pour que le cinéma puisse puiser des ressources (article de presse, photos de tournage etc …)
Le distributeur demande le contact de presse locale, afin d’informer le journaliste qu’une projection peut interresser tel type de population, qu’il y a un ciné rencontre etc..
Le distributeur doit veiller à bien récupérer les adresses mail de facturation qui sont différentes de celle du programmateur.. pour éviter la galère à la facturation, si elle n’est as sous traitée par des organismes spécialisés.
Pour gérer tous ces paramètres avant la sortie, un tableau excel permet de rassembler par région, les salles, afin de répertorier :
– Jour et horaire de projection
– Publicité (site internet du film, évenement facebook)
– les contacts presse
– la facturation (avancement, contact)
– l’avancement du fichier DCP (téléchargé ou pas par le cinéma…)
– le matériel publicitaire (nature de la demande, avancement)
2- Les anticipations à prévoir
Pour que le film soit prêt le jour de la sortie, il faut prévoir les échéance 1 année avant afin de :
– L’inscrire en Festival l’année précédente
– Commencer à créer une communauté autour du film sur les réseaux sociau
– Avoir de la visibilité médiatique
– Trouver du relais associatif
– Faire des avant première
– Démarcher les cinémas
– Préparer le matériel publicitaire
– Être présent sur les site documentaire (blog documentaire, Lussas…)
– Etre présent sur les sites qui référence les réalisateurs comme UNIFRANCE
- Il doit y avoir d’autres choses que j’ai oublié
IL faut parler du film aux programmateurs 3 mois avant pour prévoir une avant première dans la Région, afin d’avoir le temps de coordonner plusieurs cinémas en même temps et ainsi éviter les pertes de temps de voyage d’une Région à l’autre.
Pour une programmation sans présentation, il faut faire une première accroche 3 mois avant, puis 2 mois avant, et rappeler un mois avant pour tenter une dernière fois (impression de flyer et MAJ de leur site internet généralement, prévoir 3 semaine d’anticipation)
3- Quelle stratégie territoriale pour réussir la distribution d’un film à petit budget
Le secret de Lucie, Après Moi Le Déluge, qui n’avait aucune chance de départ a été justement de jouer avec sa fragilité et son authenticité de film fait « avec le cœur ». Puisqu’il n’y avait rien à perdre, il y avait tout à gagner…
C’est donc grâce à un énorme travail de relation presse que le film a pu sortir de son tiroir.
– La presse locale tout d’abord, en insistant sur le côté film régional. Par exemple, un premier article conséquent dans le DL a permit de faire connaître le film en Région et de déclencher l’effet boule de neige. Ensuite, pour chaque projection, même la moindre projection dans un petit village reculé, contacter le Correspondant local (qu’il faut d’abord trouver, en écrivant au journal car tous les cinémas ne connaissent pas leur correspondants). C’est en milieu rural que l’on peut faire des salles pleines, lorsque les gens se sentent concernées. Pour un public âgé, la presse écrite est le meilleur moyen. Mais il ne faut pas négliger les blogs et la presse digitale, qui commence à être utilisée par les retraités.
– La presse spécialisée dans les thèmes que traitent le film. Avec « Lucie, Après Moi Le Déluge » nous n’avons jamais cherché à avoir des articles dans la presse cinéma, mais plutôt dans la presse qui traitent de sujets autour du film : Magazine pour les personnages âgées, Spiritualité, solidarité, environnement, sociologique…
– La presse Nationale « populaire » et « généraliste ». Elle est sensible aux sujets qui traitent de la Province, car souvent taxée de parisianiste (ou trop parisienne). Or, les redactions cherchent des sujets concernant. Il faut donc se rendre concernant aux yeux de la presse nationale, et faire rêver. Par exemple, pour « Lucie, Après Moi Le Déluge », j’ai jmis en avant le phénomène du tout petit film qui déplace les foules, lorsqu’à St Vallier, ils ont du ouvrir une seconde salle quand la première de 235 places était pleine…France Inter a aimé l’anecdote, et je me suis retrouvée dans la matinale pour raconter le phénomène… Ou encore France Bleu National, qui s’approprie le film en le soutenant, et ainsi ils deviennent complices de son succès, et suivent les aventures comme des partenaires qui ont mis le film en valeur dès ses débuts. Ainsi, une sorte de fidélité peut naitre parce qu’une vraie relation se crée. C’est une communication authentique. Le vrai moteur, c’est le journaliste, celui qui s’intéresse au film et va le rendre existant. Tout succès reposera sur le Média. Même avec des millions, le film ne marchera pas si la presse ne s’y intéresse pas. C’est le seul vrai levier du succès du film…
– Et Enfin, trouver des réseaux pour relayer le film. Cela a été fait trop tardivement pour « Lucie, Après Moi Le Déluge ». Mais si nous avions anticipé, nous aurions pu faire porter le film par Solidartité Paysans, la MSA, ou par Petit frère des pauvres. Ainsi, les assos se l’approprient et le film est automatiquement programmé dans les salles. Car lorsqu’il y a une asso, le programmateur dit OUI tout de suite, car il a un minima de 30 personne assuré à la séance. C’est le chiffre clé pour qu’un cinéma fonctionne. En dessous, sa séance n’est pas rentable. Pour lui 30 personnes est un bon chiffre. D’autant plus que cette première projection soutenue par un ciné rencontre lui amènera par le bouche à oreille encore plus de monde à la prochaine séance.
4- LE FICHIER DCP, la base technique, l’essentiel !…
Le plus dur à gérer a été la gestion technique et matérielle, car même avec une belle communication, cela reste de la technique avant tout. Il faut que le film soit ingérer par le cinéma quelques jours avant, et qu’il ait été vérifié par le technicien, que les affiches soient aux murs au moins une semaine avant…
Il faut donc bien suivre l’ingestion du DCP. Mais avant…
– Avant de donner le DCP à Cinego où il sera téléchargé par les salles – ou de le copier sur Clé USB- le fichier original DCP soit être vérifié entièrement dans un cinéma. Ensuite, il sera ingéré par des centaines de salles ; on ne peut pas se permettre un bug sur la copie originale.
– Afin d’éviter les projections non déclarées par les salles, ou les malfaçons, les fichiers DCP sont généralement verrouillés par un code. Les programmateurs demandent systématiquement ce code de décryptage.
Pour le matériel publicitaire, mieux vaut déléguer les envois d’affiches qui sont souvent compliqués à gérer et très chronophages. Mais cela demande un gros budget (sujet à creuser pour nous, si la sortie est étalée, ça vaut le coup de le faire soi-même) pour une sortie nationale c’est mieux de déléguer.
Pour la facturation, mieux vaut déléguer à Cinégo qui peut gérer toutes les entrées via les bordereaux CNC et qui a tous les contacts. Ou autres ?
Il faut savoir que sur le site de CINEGO, il y a tous les contacts des salles. Chose que j’ai appris la veille de la sortie nationale…
5- Quelles stratégie administrative et organisationnelle ? Que déléguer, que garder dans la gestion ?
Les tâches les plus chronophages ont été les suivantes
– démarcher les salles, les relancer. Cela a été fait par un stagiaire. Mais à partir du mois de mai, après l’article dans Télérama, nous n’avons plus cherché aucune salle, nous n’avons que répondu aux demandes spontanées. Pour éviter une multitude de salles vides que nous aurions eu sans communication locale, nous avons préféré nous consacrer à bien communiquer sur les projections prévues, plutôt que de chercher à les multiplier. Cette tâche peut-être déléguée
– Gérer les envoi d’affiches et de DCP, suivre les demandes, vérifier… Cette tache peut-être déléguée
– Faire les RP, se déplacer en ITV, répondre aux demandes des journalistes de manière personnifiée, en s’adaptant au profil du média en question. Dans le cas d’un film personnel, c’est bien que ce soit la réal. Ceci dit, on est plus crédible et mieux pris au sérieux si c’est le chargé de Relations Presse qui s’en occupe.
– Gérer la communication mettre le site à Jour, créer des évènements facebook. Ceci Peut-être délégué
– Récupérer les bordereaux, facturer
– » Faire rêver », en continuant d’exister sur les réseaux sociaux, écrire des articles, transformer l’histoire du film en histoire en elle-même, et au fur et à mesure, adapter l’histoire en fonction de l’actualité, imaginer de nouveaux angles créer de l’envie…Par exemple si je devais le sortir aujourd’hui, je dirai que Lucie vivait à une époque ou la question du Confinement ne se serait pas posée, chacun restant chez soi par nature. Créer de story telling demande de l’inspiration, est difficile quand on est débordé par les taches précédentes). Pour Lucie, c’est la valeur ajouté que ce soit fait par la réal, car j’étais totalement dans le mouvement, en totale liberté d’expression sur les mots que je voulais mettre sur mon film. Je pouvais improviser, changer d’angle, m’adapter, à chaque situation, en toute intuition.
– Exister en dehors du film, dans la vie locale (créer des concepts, rendre le film existant auprès des écoles par exemple, ou via des conférences, contacter la presse pour ces évènements crées à partir de ces évènements liés au film). Par exemple j’ai créé un livret pour les école, pour des pistes de reflexion. J’ai créé une conférence que l’isolement des personnes agées et mis sur You tube, j’ai fais un projet pédagogique avec un lycée d’aiede à la personne..)
6 – Bon à savoir pour la prochaine fois
– Ne pas faire des avant premières éparpillées. Bien concentrer les dates autour d’une région.
– Toujours proposer plusieurs diffusions. On aurait du imposer quelques projection, au moins quand il y avait un ciné rencontre (sauf pour les cinéma itinérants) parce que le bouche à oreille fonctionne toujours, il était possible de demander AU MOINS ou 3 diffusions pour amortir les coûts. (tiket moyen de 5€, cinedia recevait 2,50€)
– Créer des outils en amont ; ne pas se faire rattraper par le rush ; avoir créé à l’avance un Dossier de presse, un Site internet avec toutes les références (N° visa, N° distributeurs, photos presse HD ect) pour ne pas avoir à les envoyer à chaque demande…
– Trouver un an avant les aides, comme par exemple à Cannes la case des films qui peuvent être aidé dans une programmation spéciales dédiées aux programmateurs de cinéma, postuler quelques mois avant, connaître les institutions où proposer le film, comme par exemple les réseaux de salle indépendantes comme l’ACRIRA en Isère ou le GRAC en Rhone Alpes et postuler assez tôt.
– Savoir qu’il existe des ententes de programmation, telles que VEO film, un réseau de salles de cinémas, qui sont ensuite prescripteurs pour leur réseau de salle. Si le film a marché ici ou là, les programmateurs font remonter l’info, et ils le proposent et ça fait boule de neige. VEO a représenté une grosse part de marché en salle pour le film, grâce à eux nous avons pu toucher des programmateurs sans aller les chercher.
Proposer le film aux cinéma itinérants (nous avons fait celui de la haute Loire CINEVASION 43 et de la lozère CINECO mais il y en a d’autres en France)
– Se faire connaître auprès des foyers ruraux, qui souvent proposent des films
– Demander l’agrément Art et Essai rapidement afin d’avoir le temps d’être aidé (si le film est sélectionné on peut avoir des aides, mais il faut avoir déjà un certain niveau) sinon au moins être dans le fichier art et essai , cela permet aux cinémas Art et essai de remplir leur quotas et le film a plus de chance d’être sélectionné par le programmateur
Savoir que plus il y a de projections, plus ça fait connaître le film fonctionner le bouche à oreille et vendre des DVD par la suite pour amortir les coûts. Ne pas refuser les vidéo projection dans les foyers ruraux ou les petites asso culturelles, cela fait vivre le film, bien que ce ne soient pas de cinémas !
7- Pourquoi Lucie a fonctionné
Si Lucie a fonctionné c’est parce qu’il y a eu la presse quotidienne régionale. Les salles n’étaient pas intéressées (sauf 2 salles qui ont fait confiance au film avant même qu’il ait de la pub, à Tence et à Annonay) jusqu’à ce que le DL publie un article de deux pages. Ensuite, les salles ou les centres culturels étant intéressés, nous avons pu annoncer de beaux chiffres à la presse, qui s’est intéressée au phénomène, puisque le bouche à oreille commençait à fonctionner, et que sur internet le film existait. Enfin, la stratégie a été très simple. J’ai parié sur les interview et je pressais un peu les programmateur pour pouvoir fixer une date lors de l’interview. Sachant que cela assurerait la date si je pouvais l’annoncer, ils me donnaient des dates rapidement. Une sorte de cercle vertueux s’installait ainsi. Ensuite, comme j’avais déjà contacté le média en question, je lui confirmais les dates dans la région et je l’annoncais lors de l’interview, faisant ainsi des salles pleines car j’avais de supers relais (Dauphiné Libéré, France Bleu, RDC) … Je savais que l’un dans l’autre, si le média annonçait la date, il donnait une info intéressante pour son public, et que la salle avait tout à gagner à programmer le film s’il était annoncé, et qu’il ne le regretterait pas.
Niveau éditorial, j’ai d’abord joué la carte du film local, du patrimoine. Ensuite, étant donné l’intérêt des gens au delà de la région, j’ai plutôt anglé la communication sur l’Universalité du personnage, sur cette part de patrimoine qui représente une époque en France mais aussi dans le monde. J’ai sans cesse mis à jour le site, le dossier de presse. j’ai personnifié le film à travers l’histoire du film, en racontant ce que je vivais.
J’ai demandé de l’aide aux followers pour communiquer, il y a eu beaucoup de partages des événements facebook. J’ai demandé de l’aide aux journalistes, en étant sincère sur le projet, qui était sans moyen financiers. J’ai communiqué avec le cœur, et lorsqu’une salle était pleine j’étais moi même la première surprise. C’est la magie qui a opéré quand une fois dans la lancée j’ai cru à son succès et à son potentiel et que soudain rien de semblait impossible du moment qu’on envoyait le souhait sincère d’aller toujours plus loin. J’ai eu Michel Druker parce que je lui avais envoyé un DVD, grâce à une fan sur Facebook qui avait son adresse perso…j’ai eu France Inter et aussi télérama plus grâce au « phénomène du film » que le film en lui.
Niveau critique, un critique du masque et la plume, et du nouvel OBS, Xavier Leherpeur a beaucoup aimé le film, ainsi qu’un critique renommé de RDC, Claude Carrez. Tous deux ont conforté le film dans le sens où ils ont trouvé une valeur cinématographique, dans la réalisation, le montage, la façon d’amener les choses, de les avoir senti. Ces critiques ont eu un effet non pas sur le public, car ce sont des cas isolés, mais surtout sur moi même qui ai du coup gardé confiance dans les grand moments de doutes, notamment la sortie nationale. Car ce qui a été dur, c’est de s’exposer au public, d’aller dans vers une ambition nationale avec un film qui au départ a été fait avec des bouts de ficelles…Dans ces moments de grands doutes, savoir que des critiques avaient apprécié le film m’a permis de tenir le cap.
8- Comment Lucie aurait pu MIEUX fonctionner ?
Le film a fonctionné grâce à l’authenticité de la communication, et sa fragilité. Le fait d’être dans une situation fragile en effet a donné envie aux journalistes de m’aider. Si c’était une société de production qui avait communiqué de manière plus impersonnelle, peut-être que la sauce n’aurait pas prise !
En revanche, si j’avais eu un(e) assistante en permanence, sur un an, pour relancer les salles, suivre la logistique, organiser la tournée, j’aurais pu me consacrer plus encore sur les RP. Toutes les projections ou la presse locale n’avait pas été prévenue n’ont pas fonctionnée. Dès lors que j’avais un article, la salle était au moins à moitié pleine.
J’aurais également pu viser plus de médias liés aux thèmes qui tournent autour du film : média autour du spirituel, autour de la vieillesse etc… Je n’ai pas du tout eu le temps de chercher les bons contacts, de relancer etc…or il y avait un potentiel extraordinaire si j’avais eu la presse nationale en amont de la sortie nationale.
Peut-etre que ca vaut le coup d’investir dans une base de données de presse…
Aussi, il aurait fallu avoir plus d’avance sur les média dans les échéances. J’ai géré les RP toujours dans l’urgence, ne pouvant être au four et au moulin. Je rattrapais le retard au fur et à mesure, ne perdant pas de vue que l’essentiel était de s’assurer que la salle était techniquement prête à recevoir le film, que le fichier était bien ingéré et les affiches posées.
Le film aurait mieux fonctionné si nous avions eu du budget pour acheter des publicités par exemple dans Causette, dans le Pelerin Magazine etc…
Aussi, s’il avait été porté par la MSA, qui par exemple pour « Au nom de la Terre », a porté le film partout en France. Mais pour cela il aurait fallu embauchez quelqu’un des mois à l’avance pour commencer à chercher les contacts au niveau national et démarcher ensuite région par région.
Enfin, il aurait encore mieux fonctionné s’il avait trouvé un ambassadeur connu, pour donner envie au public d’aller le voir, comme Guillaume Canet, ou une personne connue originaire d’Ardèche etc…(Pierre Rabhi par exemple)
9- Liste de questions que je me pose encore sur la distribution
– quel est le budget pour les affiches, comment faire en sorte qu’elles arrivent au cinéma sans avoir à les gérer (Sony, autres site internet)
– comment faire en sorte que la facturation soit automatique (cinégo ? y a t il des concurrents à Cinégo)
– comment aussi avoir régulièrement la liste des cinémas qui l’ont programmés et qui ne l’ont pas demandé direct au distributeurs : bcp de cinéma l’ont programmé sans le demander, et nous n’avons pas pu faire la pub autour de ces projections là, qui ont eu très peu d’entrées pour lucie !
– Comment se faire connaître de manière plus générale par les réseaux de salles indépendantes ? faut il se syndiquer ? comment savoir tout ce qui existe comme aide aux petits films ?
J’ai découvert plein d’informations au fil de l’eau. Par exemple, pour les affiches, j’ai découvert pas hasard qu’il y avait des méthodes. Par hasard que l’on pouvait trouver les contacts des salles sur Cinégo. N’y a t il pas un endroit au CNC ou l’on peut trouver de manière transparente les étapes de distribution ? Les références à toutes les aides données par les organismes (festivals comme Cannes..) sans trouver l’info par hasard ?
– pourquoi aucune transparence dans la Distribution ?
Par exemple pour les VPF (participation à la digitalisation des salles depuis 2009 qui prend fin en 2020) les salles demandent une somme pouvant aller jusqu’à 400€, ce qui est hors de prix pour un petit distributeur, sans justifier de leur amortissement digital. Ceux qui récoltent sont des groupes privés. Y a t il y contrôle du CNC ? De plus, si l’on demande des comptes au cinéma, comme le cinéma à Paris qui nous a demandé cette taxe, depuis longtemps amortie sans doute !.., on est sure qu’ils ne nous prendrons pas le film, si l’on cherche des poux.
– Pourquoi les gros groupes ont ils le droits d’imposer aux petites salles leur loi commerciale ? pourquoi ne leur impose t on pas de laisser les films au milieu rural afin d’assurer la pérénité des petits cinémas ?
– Pourquoi est-ce un organisme PRIVÉ qui répertorie les sortie. Pour moi, la sortie du film, pour moi, c’est une info publique, libre de droit, qui ne devrait à mon sens pas être commercialisée.
10- mon constat
En France, la distribution est entre les mains d’une poignées de personnes : il y a les groupes comme Gaumont ou autre. Le reste ce sont des ententes de programmation, qui sont très peu nombreuses, comme VEO Films, ou quelques personnes décident des films qu’ils proposent à leur chaines de cinéma. Il est très compliqué d’exister pour un petit cinéma si le film ne s’est pas démarqué. Il faut donc être recommandé par une entente ou déjà être connu comme distributeur pour être crédible.
Les petites salles ont déjà économiquement du mal. Soit elles se démarquent par le côté art et essai, soit elle diversifient avec un blockbuster de temps en temps, mais elles prennent rarement des films inconnus, vu le peu de projections qu’elles proposent en milieu rural. Pour toucher ces cinémas il faut donc la presse locale ou une association.
A mon avis, les petites salles ne tiendraient pas sans l’aide des subventions et beaucoup risquent de disparaître. Parce que les gens n’attendent pas la sortie dans leur cinéma et vont en ville pour voir leur film dès la date de sortie. C’est donc la diversité culturelle qui risque de disparaître…
Aussi, je constate que je n’aurais jamais pu exister si je n’avais pas eu un numéro de Visa, un distributeur officiel, une fiche au Film Français qui annonce les sorties cinéma etc… Il faut donc se mettre au même niveau que n’importe quel film à 1 million, et c’est en cela que Lucie a fait un exploit. Nous étions à la même ligne de départ que les autres films, sur les même bases de données, avec 0 aide, et nous avons fait mieux que la plupart des films qui sortent au cinéma. C’est donc que la distribution ça marche, si on arrive à convaincre les médias et si le public vous suit !
Donc pour le prochain film, je croirai en lui dès le début, et j’en ferai parler bien avant qu’il ne sorte !


















