LE 28/11 à Saint Jean de Bournay  nous étions au cinéma « Le Saint Jean » avec Projet Coline et ART’Age et ALCHIM’AideNous étions 170 personnes dans la salle à un jeudi Après-midi…. Merci à tous d’être venus !

projection suivie de la discussion « Rompre l’isolement dans nos campagnes » pour questionner sur la solitude des personnes agées, à travers l’exemple de LUCIE (film documentaire « Lucie, Après Moi Le Déluge »

Animé par Delphine Moras, Psycho-anthropologue animatrice du Bistrot Mémoire de l’Isère à l’association Art’ge et Alchim’aide
Sophie Loridon, réalisatrice
Pierre Pascal, agriculteur bénévole à Ecout’Agri38
Jean-François Loridon, Proche de Lucie Vareilles et père de la réalisatrice

voici le lien vers la vidéo et la retranscription ci dessous :

Delphine Moras (DM) :
J’aimerais bien commencer par une question pour vous Jean-François proche de Lucie. J’avais envie de dire, quand je vois ce film, comment elle a trouvé cette énergie? Parce que Lucie, on la voit sourire, on la voit aussi bien présente, elle rit beaucoup, son sourire est vraiment très communicatif, d’où tirait-elle cette force ?

Jean François Loridon (JFL) :
Lucie était une femme forte. Elle le dit dans le film, elle faisait le travail d’un homme et toute sa vie elle a était habituée à lutter, à travailler. La fin de la vie ne lui a pas fait de cadeaux, mais elle l’a choisi et c’était une femme indépendante et libre. Elle a beau dire “j’en est bavé”, dans le film, je ne la crois pas complètement parce que avec la famille nous l’avons fréquenté des années 1975 jusqu’à sa mort, donc pendant très longtemps nous y allions surtout l’été. Nous avons participé au travaux de la ferme, nous avons aidé. Lucie aimait beaucoup parler et avoir une relation. avec sa soeur elles étaient un peu seules et elle aimaient beaucoup parler, la veillée ça pouvait durer très longtemps et les vaches à traire attendaient parce qu’elle n’était jamais pressée. Ils vivaient à un autre rythme. Sa force, je crois qu’elle a une force physique, elle a aussi une force morale. Lucie avait la foi du charbonnier, vous l’avez compris, elle croyait avec beaucoup de simplicité, elle était sûre de sa croyance, mais cette croyance n’était pas du tout revendicative. Elle ne faisait pas de prosélytisme, c’est à dire elle respectait les autres elle avait l’assurance de croire et je crois c’est ce qui lui donnait sa plus grande force. Dans le film vous voyez Lucie à la fin de sa vie. Nous, nous l’avons connue dans la force de l’âge , et la ferme à l’époque était très vivante , il y avait des bêtes, des travaux des jardins autour de la maison, les prés était fauchés chaque année véritablement il y avait une vie. Dans le film on voit la fin d’une histoire, le fourneau a 104 ans, il arrive vraiment au bout , mais si il n’a pas pris feu un jour, c’est parce qu’il y a un bon Dieu ! Parce que vous avez vu le tas de bois, les casseroles aussi elles sont en fin de vie, tout est en fin de vie, le plancher, tout.

Mais ça n’a pas toujours était le cas on a connu donc une cuisine plus propre, plus avenante, on a connu autre chose et Lucie elle tenait sa force de sa foi, elle n’avait pour le monde matériel pas beaucoup d’ambition.Ce n’était pas une paysanne pauvre, Lucie et Vasthie avaient des biens, elles avaient des forêts, elles avaient des maisons, elles avaient de quoi vivre très correctement. Et je pense qu’elles auraient pu mettre de l’eau sur l’évier plutôt que d’aller chercher l’eau dehors avec des brocs, donc Lucie avait des biens, elle avait une belle exploitation, mais pour elle l’essentiel n’était pas dans le matériel, les biens de consommation, l’essentiel était ailleurs et c’est je crois ce qui lui a donné sa force parce que je vous prie de croire quand vous voyez dans le film Monsieur Laplace qui vient couper le pain, il fait 13 degrés dans la pièce, vous parlez il y a de la buée et Lucie était habituée à ce mode de vie très rude.

DM: Alors on voit aussi dans le film la place du foyer de ce fourneau, du feu également, ça parle de l’habitat, donc le fourneau a une place centrale, la vie se fait aussi au rythme du fourneau. Donc il y a effectivement cette place du feu. On peut dire aussi à propos de cette énergie qu’elle avait,  j’ai une question peut être un peu plus familiale : comment au sein de la famille – parce qu’on voit le petit garçon aux bottes rouges qui intervient après dans le film- comment dans la famille finalement ça était discuté le fait qu’elle puisse rester chez elle ?

JFL : Il n’y a jamais eu de débat parce que Lucie était de toute façon très indépendante, elle était libre et nous savions très bien que l’enlever de chez elle, c’était la tuer. Elle a eu la chance d’avoir une constitution physique assez forte, et vous le voyez bien dans le film qu’elle a gardé toutes ses facultés intellectuelles, elle était tout à fait capable de raisonner. Lucie était viscéralement attachée à sa terre et à sa maison et à son foyer, lui enlever, c’était la tuer. Nous avions de très bonnes relations avec Lucie mais il était des domaines qui  ne relevaient que d’elle et son état faisait qu’elle est restée jusqu’au bout libre, elle a quitté sa maison a peine quelques heures avant de décéder. Lucie a été une fois agressée, un peu après les années 2000, deux personnes sont venues, on l’a pas “violenté”, on l’a mise assise, arraché le téléphone, on a fouillé sa maison puis il sont repartis en la fermant à clé chez elle et quand Lucie racontait l’histoire, ce qu’il l’avait le plus épouvanté, c’était les pompiers, les gendarmes, les sirènes dans la cours qui l’avait complètement perturbé. Est quand elle racontait son l’histoire, elle nous disait…“ Y ont bien cherché”, mais y ont pas trouvé !” et bien-sur une cousine l’a pris chez elle, c’était le début de l’hiver , on a commencé à chercher des appartements pour Lucie, il y avait une marches, deux, trois, cela n’allait jamais…Et au printemps elle est rentrée chez elle et vous voyez sur sa porte d’entrée, elle a mis une sorte de gros grillage à poule sur la vitre et c’était sa seule sécurité, mais je ne crois pas qu’elle ai souffert de la peur, elle a surtout souffert à la fin de sa vie de la solitude, très certainement.

DM : Oui dans le film on voit des passages d’amis qui viennent un peu à l’improviste mais qui viennent régulièrement, on voit aussi l’importance du téléphone pour Lucie c’était un moyen d’avoir une relation avec l’extérieur, Le facteur aussi joue un rôle, au début on le voit frapper chez Lucie, c’est aussi la personne qu’elle pouvait voir régulièrement et le journal qui arrive. Donc tous ces petits éléments, permettaient aussi à Lucie de se sentir moins seule ?

JFL : Le soir où elle a été agressée dans la soirée nous avions une vieille tante qui l’appelait quasiment tous les soirs, ne l’ayant pas au téléphone elle a rappelé une cousine sur Saint Agrève qui est allé voir ce qui se passait chez Lucie et qui a découvert Lucie tout de suite. Mais c’était donc une solidarité, naturelle c’est ce qui a permis à Lucie de rester chez elle sans infirmière, sans aide sociale.Parce que vous avez vu Monsieur Laplace, mais il y avait une autre cousine, Eliette qui venait toutes les semaines, qui faisait la soupe, qui lavait lucie , qui véritablement s’occupait d’elle énormément.

Sophie Loridon “Eliette cela faisait 15 ans qu’elle s’occupait d’elle, donc cela faisait un bout de temps que c’était posé et aussi ce qui était important pour elle c’était d’avoir une présence quotidienne et l’abonnement au Dauphiné Libéré qu’elle n’arrive pas à lire, on comprend aussi que c’est pour que le facteur frappe à sa porte d’où l’importance du facteur aussi et c’est pour ça qu’on la mis cette scène dès le début dans le film. C’est la seule personne a venir voir Lucie tous les jours.

Jean-François Loridon : Il y avait une question, si Lucie avait des voisins ? Elle avait des voisins, le premier voisin était à 2 kilomètres, à la fin de sa vie. Donc c’était quand même pas des voisins très proches.”

Delphine Moras : “Donc effectivement dans les campagnes il y a les questions de l’éloignement des habitations, des maisons, il y a également toute une vie qui se fait au rythme des saisons, une vie pas forcément facile, qui se complexifie aujourd’hui. Donc là je vais me tourner vers vous Pierre Pascal pour nous parler de votre association, qui aide le monde agricole”

Pierre Pascal “Écoute Agri” c’est aussi ramener un peu de dignité aux personnes isolées, rattrapées par ce mondialisme qui laisse l’humain de côté et ça, je le dénigre de toutes mes forces, cette solitude en campagne qui atteint souvent de plus en plus les agriculteurs de plus de 55 ans qui sont seuls qui n’ont pensé comme Lucie qu’à travailler. Ecout’Agri intervient que sur l’appel de la personne elle-même, on ne va pas chez elle comme ceux-ci, ou alors par un voisin qui voit que ça ne va plus et qui nous met au courant, mais sinon on ne va pas frapper chez les gens pour leur demander s’ils ont un besoin, faut que ce soit la personne en difficulté qui appelle le siège. Cela ne fait que 2 ans que j’y suis, on a eu des journées de formation avec un psychologue, je fais ce que je peux, pour ramener un peu de dignité aux personnes en difficulté, mais pas seul !

DM : Si je saisie bien votre rôle, ce sont des bénévoles comme vous, issus du monde agricole aussi, vous avez tenu une exploitation, qui donnez votre aide à d’autre personnes, qui ont des difficultés, vous êtes effectivement sollicité par un appel de voisins qui pourraient être aussi des personnes qui veillent, donc il a une sorte de veille dans le monde agricole et on peut vous interpeller si quelqu’un a des difficultés ou autre. Mais c’est quelque chose qui se développe de plus en plus et de partout, cette solidarité dans le monde agricole.

PP : Ecoute agri n’est qu’une antenne de l’isère mais sinon elle fait partie de l’antenne nationale “Solidarité Paysanne”.

DM : Concernant les plus âgés au moment de la retraite, comment ça se passe et si vous avez des appels de personne plus âgée dans ces anciennes fermes ?

PP : J’ai continué a faire tourner notre ferme de 2002 à 2017, cela ne fait que 2 ans que j’ai arrêté mon activité. Dernièrement j’ai fait des démarches en j’ai obtenu le portage d’un repas pour une personne âgée auprès de la MSA et du Conseil Départemental de l’Isère.

DM : Vous intervenez aussi sur des choses pratiques comme la mise en place de repas pour des personnes qui vous ont contacté.

PP : Oui j’ai insisté mais ce n’est pas notre spécialité, mais à ce moment il fallait faire quelque chose ce n’était plus possible.

DM : Donc vraiment vous êtes en lien de proximité avec la MSA

PP : J’ai vu le film a ST Marcellin, je l’ai revu tout à l’heure, j’en avais les larmes aux yeux, seul là dans mon fauteuil. Je l’ai vu une deuxième fois,   rassasié de tout ça, pourtant je suis un terre à terre, je félicite Sophie, puis j’aimerais qu’on applaudisse le cameraman car il a fait un travail formidable.

DM : Si vous aussi avez des questions a poser à Jean-François ou à Pierre.

Public : Moi je ne veux pas être négative mais il n’y a pas que les agriculteurs qui sont seuls, nous venons d’avoir un épisode neigeux un peu dramatique, il y a des gens ici pas très loin de la salle qui se sont retrouvés dans des situations, un peu désespérés.

DM : C’est la question de la solidarité que vous posez, c’est en lien avec ce que nous avons passé récemment, il y a une dizaines de jours, cette période neigeuse que nous avons connu. Donc il y a des personnes qui n’ont pas eu d’électricité pendant 8 jours, il y a eu des personnes qui n’ont pas pu sortir, il y a eu des obstacles sur les routes et cela devenait compliqué. Vous avez raison de pointer que c’est dans ces périodes là qu’on voit la solidarité entre les personnes. Nous sommes là aussi aujourd’hui pour mettre l’accent là dessus, pour motiver les gens à etre plus attentifs aux autres et pour avoir un environnement bienveillant ce sont les objectifs de COLINE, mais vous avez tout à fait raison il y reste beaucoup de choses à faire, à dire et à construire ensemble. La solitude peut se vivre aussi en ville, aujourd’hui ce que vous voulez pointer, c’est la question de l’isolement dans les foyers, les maisons éloignées. On peut retrouver aussi le sentiment d’être seul, même si on vit dans un habitat collectif. La question de l’isolement c’est aussi la question du lien social, trouver des espaces pour discuter, se rencontrer, sortir de chez soi, trouver des raisons de sortir pour aller voir, pour rencontrer, on sait très bien qu’il y a des situations peu à peu, qui nous amènent à nous renfermer, à rester à la maison et si on sort pas c’est après difficile de ressortir, il ya aussi cette question  de maintien du lien qui peut contribuer à lutter contre cet isolement qu’on peut ressentir, dans des maisons isolées, mais également dans des espaces plus collectifs.

Public : Je voulais répondre par rapport à votre documentaire qui m’a ému, j’avais les larmes au yeux, heureusement j’étais dans le noir, on ne me voyait pas!. Mais ça m’a touché ça m’a rappelé ce qu’est le monde rural notamment en Ardèche sur les haut plateaux ardéchois, c’est rude, c’est des drôles de vie, l’agriculture sacré métier faut être sacrément passionné pour le faire, et au travers de Lucie il y a l’histoire de nos familles qui ressortent, ils ont marqué le territoire et si on en est là aujourd’hui c’est aussi grâce à eux, je voulais répondre aussi par rapport à Pierre que je connais, par rapport aux vaches mais aussi à des moments dramatiques, il est du Sud Isère, je suis de Saint Jean de Bournay, quand il a eu le drame chez lui, il y a eu la solidarité qui a joué, ça a été des moments dramatiques mais dans l’agriculture nous sommes solidaires, dans des gros coups durs, et il n’y a pas eu que ces moments là malheureusement. Ce que je trouve triste aussi c’est de savoir que les gens sont isolés dans un HLM, c’est peuplé des gens, et ce que je trouve de triste aussi c’est qu’on doivent faire une fête des voisins, pour se rencontrer. En agriculture dans la campagnes cela ne se passe pas comme ça quand il y a une maison  le matin et que les volets sont fermés, on se pose des questions et on trouve pas ça normal, et maintenant le problème c’est que les jeunes sont sur leurs téléphones, ils se croisent dans la rue, il ne sont pas capables de se dire bonjour, par contre sur facebook, il sont amis avec des tas de gens qui ne se connaissent pas et je trouve ça triste. Ce matin je suis allée voir une mamie, la tante de ma mère qui a 91 ans, qui est toute seule a St Jean, par rapport à l’épisode neigeux, je me suis posée la question en étant à la campagne je ne  suis pas allée la voir, je ne pouvais pas, je n’avais pas de téléphone, je ne l’ai pas appelé, mais elle a était appelée par la mairie pour savoir si tout allait bien, il y a quand même eu des gens qui ont  été seuls, mais pas tant que ça car il y eu un coup de téléphone, je tenais quand même à le souligner, ce matin en allant voir cette mamie j’étais avec ma petite de 4 ans à la sortie de l’école, j’ai croisé une personne âgée, dans la rue je lui ai dit bonjour, elle ne m’a pas répondu, je trouve ça triste car moi j’essaye de dire à ma fille de dire bonjour car il faut être polie, on me dit que c’est bien elle est polie, je leurs dis “non ce n’est pas bien,  c’est normal”. Même ces valeurs là on les perd et je trouve ça triste.

Sophie Loridon : Alors là c’est une question importante que vous soulevez, c’est la question de la relation entre les générations, et aujourd’hui cela prouve bien qu’il y a des choses qui se réalisent entre les âges, la présence des lycéens ici, la présence des plus âgés également, il y a une volonté de discuter, de s’entendre, cela n’est pas forcément à travers le téléphone portable que ça peut se passer, mais à travers des rencontres que nous essayons d’initier aujourd’hui, mais en développant des espaces de rencontre, c’est peut être ce qui nous manque aujourd’hui dans notre société, c’est le temps, prendre le temps de se rencontrer, prendre le temps de discuter et des espaces de rencontre.
Je trouve qu’on manque tellement de temps, c’est ce que nous montre aussi Lucie, elle a prend vraiment le temps pour tout, pour chaque chose, une chose après l’autre, personnellement c’est ce qui me manque dans ma vie, c’est du temps et car on s’en rajoute toujours plus. Est vous disiez les jeunes, mais c’est pas que les jeunes, c’est tout le monde qui est sur son téléphone, ce n’est pas les jeunes, c’est notre société qui s’est transformée comme ça. Après ca ne tient pas à grand chose de dire “bonjour”, je suis comme vous, en ville je n’ose plus dire bonjour parce que les gens ne se disent pas bonjour, dans les plus grandes villes, mais je fais toujours cet effort de dire bonjour, c’est peut-être rien, mais c’est énorme, ce petit bonjour qu’on peut se dire dans la rue ou même quand on se connait pas, cela tient qu’à nous de changer ça. Et pour ce qui est pour l’espace de rencontre, avec le film j’aimerais m’en servir pour créer des rencontres intergénérationnelles parce que c’est nous mettre dans une salle ensemble qui va créer du lien, c’est de discuter ensemble et en partant sur la question “Est-ce que c’était mieux avant” On peut avoir vraiment des discussions passionnantes entre générations car il y a eu un tel saut dans l’espace, en 50 ans que finalement plus personne ne se comprend, ce n’est pas la faute des jeunes, ce n’est pas celle des plus âgés, c’est la faute à tout le monde et a personne et c’est vrai que cette histoire d’écran, de technologie finalement qui nous espace de plus en plus les un des autres au lieux de nous rapprocher au final, c’est un problème de société. Comme vit Lucie, les jeunes ont l’impression que c’était au siècle dernier, cela représente le siècle dernier, mais ça était filmé en 2008. Dans tellement d’endroit dans le monde c’est comme ça encore, c’est nous qui sommes une exception et qui avons changé. C’est vrai que cette question de la solidarité et du lien, il faut faire des actions, heureusement qu’il ya des associations comme celle de Delphine qui sont encore là, les Petits Frères des Pauvres, qui créent du lien. Parce que nous sommes obligés de recréer des choses artificielles pour que le lien se recrée, dans mon village à Murianette j’ai fais des vidéos avec des anciens du village et les enfants, les enfants on adoré ce qu’ont raconté les anciens qui ont des histoires extraordinaires, chacun est un trésor de mémoire. Maintenant les enfants parlent avec les gens qu’il ont interviewés, c’est pour ca que nous sommes obligés de recréer ce lien mais parce qu’avant les gens étaient moins nombreux, ils vivaient plus ensemble, avec le grand père, la grand mère mais maintenant c’est compliqué de créer du lien, les parents travaillent, il peuvent moins être prêt de leurs parents, les enfants voient moins les grands parents, il ya tout un tas de paramètres qui fait que maintenant c’est compliqué, mais c’est vrai que c’est une question qui me passionne.

DM : On parlait d’espace de lien pour se rencontrer, pour discuter. Je voulais revenir sur la question des Bistrots Mémoire, c’est un espace, un lieu de rencontre que l’association propose depuis 2 ans chez “Croccinelle”, elle nous ouvre gratuitement son restaurant pour pouvoir échanger tous les 15 jours, les 2eme et 4eme vendredis de chaque mois, c’est ouvert à tout le monde, l’intérêt de ces espaces de liberté car c’est gratuit et ouvert à tous, c’est autour de la question de la mémoire, nous parlions d’isolement tout a l’heure, Lucie Jean-Fançois vous avez dit qu’elle a toute sa tête, dès que la personne rencontre des problème de santé, il y a des choses plus difficiles et des obstacles, pour rester à domicile et les bistrots mémoires sont là aussi pour parler des problèmes cognitifs, on accueille des personne atteintes de la maladie d’alzheimer, c’est la maladie la plus connue, car les personnes  sont de plus en plus nombreuses à être touché et a vivre avec des trouble de la maladie d’alzheimer, mais il y en a d’autres, donc on accueille les familles, les voisins de ces personnes là, de ces personnes qui ont des troubles pour justement discuter et de créer du liens, le bistrot mémoire tourne avec une équipe de bénévoles, il y a Chantal et Marie-Gabrielle, il y a Jaqueline, ce sont des espaces qui ne peuvent pas fonctionner sans bénévoles, et c’est grâce à ces personnes là qui s’engagent, car c’est une implication personnelle, donc ils s’engagent sur des sujets d’actualité et des sujet de vie de tous les jours et de la vie quotidienne. Je voudrais revenir sur le projet Coline, celui qui nous rassemble aussi aujourd’hui qui est vraiment un dispositif pour accompagner toutes ces initiatives de terrain.

Ce dialogue qu’on peut avoir sur le terrain aussi dans les professionels c’est important pour pouvoir développer 2020 ça va être aussi une année ou on va essayer de mettre en place des sessions de sensibilisation, c’est donc à peu près 3h où on va discuter sur qu’est ce que la maladie d’alzheimer, les maladies cognitives pour pouvoir un peu plus au fait pour discuter sur qu’est qu’un trouble et qu’est ce que ça peut générer dans la difficulté d’être en contact. Nous proposons des temps de sensibilisation à la question du trouble cognitif et la solidarité ne peut se faire que si on comprend certaines choses et on se sent plus à l’aise au niveaux de la relation.

SL : J’ai des personnes qui font le métier que vous ferez plus tard, qui sont venues me voir pour me remercier, car elle m’ont dit mieux comprendre les personnes avec qui elle travaillent et les personnes âgés, car elle ont vu qu’il ya avait une histoire derrière chaque personne et c’est vrai que comprendre l’autre c’est la clé d’une bonne relation et ce qui compte. Et pourquoi certaine personnes âgées ne veulent pas d’aide et pourquoi n’acceptent pas d’aide c’est aussi le frein souvent auxquelles il vont être confrontés et il faut savoir que Lucie était aidée par des amis ou de la  famille alors c’était plus facile pour elle car elle était avec des gens qu’elle avait choisi or quand on va chez quelqu’un qui n’a pas choisi la personne qui vient et qu’il y a du turn over et que ce n’est jamais la même personne c’est compliqué de voir un intrus rentrer chez sois dans son intime. Et je pense que cette question est importante car créer du lien c’est aussi pour les personnes aidantes c’est bien d’avoir du lien chez les personnes chez qui elles vont et l’affect et très important parce que moi je m’imagine à 90 ans, je n’ai pas forcément envie que n’importe qui vienne chez moi et  la relation est primordiale dans l’aide, car c’est bien beau d’avoir de l’aide mais il y en a qui préfèrent ne pas en avoir que de se sentir agressé dans le sens où quelqu’un qu’ils ne connaissent pas rentre chez eux. c’est pour ça que c’est pourtant de créer du liens et de se connaître.

DM : Si on ne se connait pas la relation sera compliqué, se connaître aussi c’est accepter les choix de l’autre, et là on a vu que Lucie, on a respecté le choix qu’elle reste chez elle. Aujourd’hui beaucoup de personnes souhaitent rester chez elle, la question est comment mais aussi c’est à nous de dire comment on peut les accompagner dans leur choix, pour respecter leurs choix c’est aussi connaître les raisons de leurs choix, les accepter et comprendre pourquoi elles souhaitent le faire, on ne connaît les choses de manière spontanée, il faut des fois échanger sur des connaissances, et ces groupe là c’est des moments où l’on partage nos expériences. Et les expériences des uns peuvent servir à d’autres et on apprend comme ça.

Public : Donc je suis la Directrice de la résidence des Quatres vallées à Chatonnay c’était pour rebondir sur ce que disait Delphine sur le lien social, moi ça fait 14 ans que j’y suis, au début on était sur les repas et bien les soigner et là on voit l’évolution des années, est là on est vraiment sur le sujet du lien social, on bénéficie depuis fin 2016 d’un forfait  qui est versé par le Département de l’Isère, qui s’appelle un forfait autonomie, et qui nous permet de mettre plein d’activités au niveau de la résidence, on a quasiment tous le jours quelques chose à proposer et notre objectif c’est l’ouvrir sur les autres personnes qui souhaitent participer, alors ça ne se fait pas du jour au lendemain, alors nous la moyenne d’âge et de 85 ans donc ce n’est pas simple pour que d’autres personnes nous rejoignent mais on ouvre sur nos activités, sur le restaurant, on a actuellement une personne qui vient manger tous les vendredis, c’est du lien social pour elle, elle sort de chez elle, il y a aussi le problème du déplacement donc c’est pas toujours facile , elle passe un moment le temps d’un repas avec d’autres ils échangent, et maintenant nous avons des gens qui commencent à venir aux animations, donc s’y il y a des personnes dans la salle qui sont intéressés, on est ouvert sur pas mal de choses au niveau de la résidence et du lien social, sur les repas et les animations. c’était juste une information.”

DM : Merci beaucoup, parce que tout a l’heure on parlait de ces lieux où l’on tisse du lien et ça s’ouvre de plus en plus c’est ce que vous faites donc merci. Merci d’être venus merci d’avoir échangé là dessus, sur ce sujet, au revoir ! »

Merci à Sandro Lucerna, Souhil Kadri et Enes Ben Hamouda pour la technique
à François et Joëll bénévoles du cinéma le Saint Jean pour leur aide précieuse
aux bénévoles des Bistrots mémoire à St Jean de Bournay